Quelles SCPI vont baisser en 2026 ?

Le prix de part d’une SCPI peut monter, mais il peut aussi baisser. En 2026, toutes les SCPI ne suivent pas la même trajectoire. Certaines affichent des revalorisations depuis janvier, d’autres accumulent les signaux négatifs. Comprendre quels véhicules risquent de décrocher suppose de regarder au bon endroit, au-delà du simple taux de distribution.

Liquidité des SCPI en 2026 : le signal qui précède la baisse de prix

Avant qu’une SCPI ne baisse son prix de part, un symptôme apparaît presque toujours : les files d’attente de retrait s’allongent. Concrètement, des épargnants veulent vendre leurs parts, mais personne en face ne souhaite les acheter.

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Quand cette situation dure plusieurs trimestres, la société de gestion finit par ajuster le prix à la baisse pour refléter la valeur réelle du patrimoine immobilier. Une crise de liquidité précède souvent une correction du prix de part.

En 2026, plusieurs sources évoquent encore des difficultés de liquidité « inédites » sur certains véhicules. Ce problème ne touche pas toutes les SCPI de la même façon. Les plus exposées partagent un profil commun :

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  • Une collecte nette négative depuis plusieurs trimestres, ce qui réduit la capacité de la société de gestion à honorer les demandes de rachat
  • Un patrimoine concentré sur des actifs peu liquides, comme les bureaux traditionnels en zones secondaires, plus longs à revendre
  • Un historique récent de baisse du prix de part, qui alimente la méfiance et provoque de nouvelles demandes de retrait

Vous avez déjà remarqué que les classements de SCPI parlent surtout de rendement ? La liquidité est pourtant le premier indicateur à surveiller si vous cherchez à anticiper une baisse.

Une conseillère en investissement présente des graphiques de baisse des SCPI sur un écran interactif dans une salle de réunion financière

SCPI de bureaux français : pourquoi ce segment reste sous pression

Le marché des bureaux en France traverse une période de mutation profonde depuis 2023. Le télétravail a durablement modifié les besoins des entreprises. De nombreux plateaux restent vacants ou se relouent à des conditions moins favorables.

Les SCPI fortement exposées aux bureaux traditionnels en France ont subi des baisses de prix de part parfois supérieures à 20 % depuis le début de la correction. Certaines n’ont pas encore fini d’ajuster leurs valorisations.

Pourquoi ce segment reste fragile en 2026 ? Parce que la valeur des immeubles de bureaux dépend de deux facteurs qui jouent en leur défaveur : le taux d’occupation et les conditions de financement. Les taux d’intérêt, même s’ils ont amorcé une baisse, restent à des niveaux qui pèsent sur les valorisations d’actifs tertiaires.

Une SCPI dont le patrimoine est composé à plus de la moitié de bureaux situés en France, dans des zones hors quartiers centraux d’affaires, présente un risque de nouvelle correction. Ce n’est pas une certitude, mais c’est un facteur à surveiller de très près avant toute souscription.

Écarts de performance entre SCPI : un marché à deux vitesses

En 2026, le marché des SCPI ne suit pas une direction unique. Les écarts entre véhicules sont considérables, et c’est précisément ce qui rend la sélection déterminante.

D’un côté, des SCPI diversifiées à dimension européenne affichent des taux de distribution proches de 7 à 8 %. Certaines ont même revalorisé leur prix de part depuis janvier 2026. Plusieurs hausses de prix de part ont été enregistrées sur le début d’année, avec des revalorisations allant jusqu’à 5 % selon les véhicules.

De l’autre, des véhicules plus anciens, concentrés géographiquement sur la France et sectoriellement sur les bureaux, voient leur performance globale devenir négative une fois la variation du prix de part intégrée au calcul.

Ce que révèle la performance globale annuelle

Le taux de distribution seul ne suffit pas. Une SCPI peut verser 5 % de rendement tout en perdant 8 % sur la valeur de ses parts. Le résultat net pour l’épargnant est alors négatif.

La performance globale annuelle (PGA) combine le rendement distribué et l’évolution du prix de part. En 2025, la PGA moyenne du marché ressortait à +1,46 %, un chiffre positif mais qui masque des situations très contrastées. Vérifiez la PGA sur trois ans avant de juger la santé d’une SCPI.

Évolutions réglementaires et frais de gestion : une pression supplémentaire

Un facteur moins visible peut peser sur certaines SCPI en 2026 : les évolutions réglementaires à venir. Des ajustements sur les frais ou les obligations de transparence pourraient modifier la capacité de distribution de certains véhicules.

Quand les frais de gestion augmentent ou que de nouvelles contraintes réglementaires s’ajoutent, c’est directement le rendement net qui en pâtit. Pour les SCPI dont les marges sont déjà serrées, ce type de pression peut accélérer un ajustement à la baisse du prix de part.

Les critères à vérifier avant de souscrire

  • La composition du patrimoine : diversification géographique (France seule ou Europe) et sectorielle (bureaux, logistique, santé, résidentiel)
  • Le niveau de collecte nette : une collecte positive permet à la société de gestion de saisir des opportunités et d’assurer la liquidité
  • L’historique des revalorisations de prix de part sur les deux dernières années, qui donne une tendance plus fiable qu’un seul trimestre
  • Le ratio entre demandes de retrait en attente et capitalisation totale, signal direct de tension sur la liquidité

Les SCPI récentes et diversifiées à l’échelle européenne résistent mieux que les véhicules anciens concentrés sur les bureaux français. Ce constat ne garantit rien pour l’avenir, mais il trace une ligne de partage nette entre les profils de risque.

Le marché des SCPI en 2026 ne suit pas un mouvement uniforme. Le taux de distribution moyen en 2025 s’est établi à 4,91 %, en progression par rapport à 2024. Ce chiffre cache des réalités opposées. Avant de vous inquiéter d’une baisse ou de chercher le meilleur rendement, regardez d’abord la liquidité, la composition du patrimoine et la trajectoire du prix de part sur plusieurs trimestres.

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