Calculer le nombre de jours entre deux dates sur Excel ou Google Sheets repose sur trois approches distinctes : la soustraction directe, la fonction JOURS (ou DAYS) et la fonction DATEDIF. Chacune répond à un besoin différent selon le niveau de détail attendu et le tableur utilisé. Cet article compare leurs syntaxes, leurs limites documentées et les pièges à éviter pour obtenir un résultat fiable.
Comparatif des formules pour calculer le nombre de jours entre deux dates
Le choix de la formule dépend du tableur, du résultat attendu et de la compatibilité souhaitée. Le tableau ci-dessous synthétise les trois méthodes principales.
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| Méthode | Syntaxe Excel | Syntaxe Google Sheets | Résultat | Limite connue |
|---|---|---|---|---|
| Soustraction directe | =B2-B1 | =B2-B1 | Nombre de jours (entier) | Peut renvoyer un format date au lieu d’un nombre si le format de cellule n’est pas « Nombre » |
| Fonction JOURS / DAYS | =JOURS(date_fin; date_début) | =DAYS(date_fin; date_début) | Nombre de jours (entier) | Ordre inversé par rapport à DATEDIF (date_fin en premier) |
| Fonction DATEDIF | =DATEDIF(date_début; date_fin; « D ») | =DATEDIF(date_début; date_fin; « D ») | Nombre de jours (entier) | Argument « MD » déconseillé par Microsoft (résultats inattendus) |
La soustraction directe reste la plus rapide pour un calcul ponctuel. JOURS et DATEDIF renvoient le même résultat en jours, mais leur syntaxe diffère sur l’ordre des paramètres, ce qui est une source d’erreur fréquente.

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DATEDIF sur Excel et Google Sheets : une fonction partagée avec des pièges
DATEDIF existe dans les deux tableurs avec une syntaxe identique. Elle accepte six unités : « Y » (années), « M » (mois), « D » (jours), « MD », « YM » et « YD ». Pour obtenir le nombre de jours entre deux dates, l’unité « D » suffit.
Syntaxe et exemple concret
Dans une feuille où A1 contient la date de début et A2 la date de fin :
=DATEDIF(A1; A2; "D")
Cette formule renvoie un entier positif. Si la date de début est postérieure à la date de fin, DATEDIF renvoie une erreur, pas un nombre négatif. C’est un comportement à anticiper quand les dates sont saisies par un utilisateur.
L’argument « MD » à éviter
La documentation officielle Microsoft signale des limitations connues de l’argument « MD » de DATEDIF, qui peut produire des résultats inattendus dans certaines combinaisons de dates. Cette mise en garde est documentée dans plusieurs langues. Pour un calcul fiable en jours, s’en tenir à l’unité « D » ou utiliser la fonction JOURS.
Fonction JOURS dans Excel : l’alternative directe à DATEDIF
La fonction JOURS existe en français dans les versions récentes d’Excel. Elle calcule le nombre de jours entre deux dates sans passer par un paramètre d’unité.
=JOURS(date_fin; date_début)
Son principal avantage par rapport à DATEDIF : elle accepte que la date de début soit postérieure à la date de fin, et renvoie alors un nombre négatif au lieu d’une erreur. Ce comportement la rend plus souple pour des tableaux où l’ordre chronologique n’est pas garanti.
Dans Google Sheets, la fonction équivalente s’appelle DAYS (en anglais) :
=DAYS(date_fin; date_début)
Le fonctionnement est identique. Attention à ne pas confondre l’ordre des paramètres avec celui de DATEDIF, où la date de début vient en premier.
Calcul dynamique avec la date du jour : AUJOURDHUI et TODAY
Pour obtenir le nombre de jours écoulés depuis une date passée jusqu’à aujourd’hui, il suffit de combiner une des formules précédentes avec la fonction de date système.
- Sur Excel :
=JOURS(AUJOURDHUI(); A1)ou=DATEDIF(A1; AUJOURDHUI(); "D")– le résultat se met à jour automatiquement à chaque ouverture du fichier - Sur Google Sheets :
=DAYS(TODAY(); A1)ou=DATEDIF(A1; TODAY(); "D")– le recalcul est automatique - La soustraction directe fonctionne aussi :
=AUJOURDHUI()-A1sur Excel,=TODAY()-A1sur Google Sheets
Le calcul est dynamique et se met à jour sans intervention. Un tableau de suivi de projet ou d’ancienneté peut ainsi afficher en temps réel le nombre de jours écoulés.

Erreurs de format de date : le piège silencieux dans Excel
Un problème que les guides sur DATEDIF abordent rarement : le système de dates utilisé par le classeur Excel. Excel propose deux systèmes de dates, le système 1900 (par défaut sur Windows) et le système 1904 (historiquement utilisé sur Mac). Le choix du système dans les options du classeur peut modifier le nombre de jours calculé entre deux dates importées.
Ce décalage se produit surtout quand on copie des cellules d’un classeur utilisant un système vers un autre. Les dates semblent identiques visuellement, mais leur valeur numérique interne diffère. Le résultat de la soustraction ou de JOURS sera alors faux sans message d’erreur.
Comment vérifier le système de dates
Dans Excel, accédez aux options du classeur pour voir si le paramètre « Utiliser le système de dates 1904 » est activé. Sur Google Sheets, ce problème ne se pose pas : un seul système de dates est utilisé.
L’autre source d’erreur classique : une cellule contenant une date stockée en texte. La formule JOURS ou DATEDIF renvoie alors une erreur ou un résultat aberrant. Formater la colonne en « Date » avant d’appliquer la formule résout le problème.
Jours ouvrés et jours fériés : quand la soustraction ne suffit plus
Le calcul du nombre de jours calendaires entre deux dates ne tient compte ni des week-ends, ni des jours fériés. Pour des besoins de gestion de projet ou de ressources humaines, la fonction NB.JOURS.OUVRES (Excel) ou NETWORKDAYS (Google Sheets) exclut automatiquement les samedis et dimanches.
- Excel :
=NB.JOURS.OUVRES(date_début; date_fin)– exclut samedis et dimanches par défaut - Excel avec jours fériés :
=NB.JOURS.OUVRES(date_début; date_fin; plage_fériés)– un troisième paramètre optionnel pointe vers une liste de dates fériées - Google Sheets :
=NETWORKDAYS(date_début; date_fin)ou=NETWORKDAYS(date_début; date_fin; plage_fériés)
Ces fonctions complètent DATEDIF et JOURS pour couvrir des cas métier plus précis. Elles ne remplacent pas le calcul en jours calendaires, mais répondent à la question « combien de jours travaillés » plutôt que « combien de jours au total ».
Le choix entre soustraction directe, JOURS et DATEDIF dépend du contexte : la soustraction convient pour un calcul rapide, JOURS offre plus de souplesse sur l’ordre des dates, et DATEDIF permet de basculer entre jours, mois et années avec un seul changement de paramètre. Sur Excel, vérifier le système de dates du classeur reste le réflexe à garder en tête pour éviter des écarts invisibles.

